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Défis pour le futur

Voici les trois grands défis du tourisme social tels qu’identifiés par l'ancien Président de l'OITS, Norberto Tonini, lors d’une conférence prononcée à Montréal en 2007.  

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Défis pour le futur


Voici les trois grands défis du tourisme social tels qu’identifiés par l'ancien Président de l'OITS, Norberto Tonini, lors d’une conférence prononcée à Montréal en 2007.  
 
Le défi de la socialité
 
Une des premières questions que nous pouvons soulever est de se demander s’il est toujours actuel et utile de défendre le droit aux vacances, aux loisirs et au tourisme pour le plus grand nombre.
 
Plus de 70 ans après l’octroi des « congés payés »  et après la formidable diffusion des voyages qui a permis au secteur du tourisme de devenir ce qu’il est aujourd’hui – plus de 842 millions d’arrivées internationales de touristes en 2006 pour des recettes se chiffrant à près 700 milliards d’euros (source OMT) – on peut se demander si dans le monde du tourisme il y a encore un besoin de socialité.
 
La réponse est bien évidemment affirmative. 
 
Même si la réalité a bien changé et que des progrès importants ont été faits dans ce domaine,  force est de constater que la question du « tourisme pour tous » est toujours d’actualité. 
Une récente enquête de l’U.E. nous démontre que, même dans les économies les plus développées en Europe, c’est près de 40% de la population qui ne part pas en vacances et ce principalement pour des raisons financières.
 
Ces données concernent toutes les tranches d’âge de la population, mais en particulier de nombreux jeunes et étudiants qui ont un pouvoir d’achat limité, les familles à revenu modeste qui ne parviennent pas dégager un budget suffisant pour les vacances ainsi qu’une bonne partie des gens du 3ème âge qui dispose de beaucoup de temps, mais dont les ressources sont parfois aussi très limitées. 

Dans ce contexte, la prise en compte de la dimension sociale doit nous amener à se demander si l’actuel phénomène touristique, qui fait voyager plus de 800 millions de personnes par an, est vraiment un tourisme qui favorise la « cohésion sociale ».
 
Le défi de la durabilité
 
Le développement durable du tourisme est devenu une dimension centrale de tout projet de développement touristique qui se veut sérieux.
 
Le tourisme de masse qui a émergé de la large diffusion des voyages a malheureusement engendré bien des dérives, avec leurs cortèges de dégâts sur le plan environnemental, socioculturel et économique.  
 
Aujourd’hui, même si les initiatives sont nombreuses pour éviter les erreurs du passé et faire en sorte que les ressources naturelles et le patrimoine culturel, artistique et historique  des communautés locales, soit préservé pour les générations futures, l’équilibre est toujours très fragile.

Le fait de se préoccuper de façon responsable du respect de l’environnement actuel et futur est une façon fondamentale de privilégier la stabilité et la durée des structures, contrairement à une attitude basée sur la vitesse et sur les mouvements de masse.
 
Nous sommes donc, non sans une pointe d’orgueil, heureux de souligner qu’avant-même que l’objectif de « développement durable » n’ait été prôné par les Organisations Internationales, le Tourisme Social se l’était déjà assigné comme ligne directrice, dans le but :

- de concilier développement touristique, protection de l’environnement et respect de l’identité de la population locale;
- d’apporter de nouveaux moyens à des régions souvent délaissées;
- d’aménager des sites avec la volonté de ne pas en dilapider les ressources;
- de générer des bénéfices économiques, sociaux et culturels pour les populations locales.
 
Le défi de la solidarité
 
La solidarité est un défi qui, à dimension nationale, nous demande de permettre aux personnes qui sont en difficultés économiques, familiales ou physiques, de pouvoir exercer de façon concrète le droit aux vacances et au tourisme.
 
Le Tourisme Social ne se résume certes pas à un tourisme pour les pauvres et les handicapés, mais en même temps il doit être clair que, grâce à nos racines et à notre vision humaine du tourisme, nous ne sommes pas indifférents aux couches sociales les moins protégées et les plus défavorisées.
 
Ce même principe de solidarité s’exprime surtout, mais non exclusivement, à l’échelle internationale, dans un contexte de flux touristiques Nord/Sud.
 
Les pays en voie de développement, notamment en Afrique, mais aussi en Amérique Latine et en Asie, sont confrontés à de graves problèmes et plusieurs d’entre eux misent sur le développement de l’activité touristique pour améliorer leur situation.
 
C’est dans ce contexte que le « tourisme solidaire » peut proposer des alternatives pour assurer que les communautés d’accueil de ces pays puissent tirer de réels bénéfices du tourisme international.
 
Dans ce domaine, de nombreux exemples de bonnes pratiques existent, que ce soit en Afrique ou en Amérique latine ou en Asie. Au Mexique, il existe une offre intéressante de voyages alternatifs organisés pour des petits groupes d’une dizaine de personnes permettant d’héberger dans des familles d’accueil, de connaître les projets de développement locaux, de visiter des ateliers d’artisans et aussi de visiter des sites archéologiques et des villes coloniales. Ces forfaits ont la particularité d’inclure les communautés d’accueil dans la préparation et la réalisation des activités, de favoriser le contact entre visiteurs et visités et d’assurer le maximum de retombées économiques à ces communautés via le soutien à des projets de développement.     

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